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La cave, une utopie branchée ?

Dans les hameaux Atticora, voilà  à quoi elles servent


Une cave, un lieu frais

c'est le lieu des possibles.​


Possible d'accueillir n'importe qui, n'importe quand : les réserves sont là, à portée de main. Possible de traverser un hiver entier, même sous deux mètres de neige. Possible de cultiver son jardin vivrier et d'en étaler la récolte sur toute l'année.

Possible surtout de savoir que c'est possible de se nourrir des fruits de la terre de son propre travail. Ici et maintenant, comme le faisaient nos anciens, avant qu'on ne se persuade qu'il était plus simple de faire faire et d'acheter, que de faire par soi-même.

Une panne d'électricité ?  et alors … On savait conserver les aliments bien avant l'abondance énergétique. Dans nos montagnes, on sait cultiver, on sait conserver : pas besoin de camion pour nous nourrir, pas besoin d'aller chercher ailleurs des légumes d'hiver quand on peut les avoir sous la maison ou la main.

La cave est là, constante, sombre et humide, prête à accueillir conserves, fruits, légumes, fromages et boissons.

Trois éléments essentiels permettent à une cave de conservation de bien fonctionner.

L’humidité, une température stable et une bonne circulation d’air.


Dans les hameaux , fromages , fruits, légumes, bocaux et lacto-fermentations se plaisent à la cave. Sur des étagères, dans des caisses ou sacs en toilent de jute, il ne faut finalement pas grand chose pour leur faire une place au frais.

Côté légumes, les Pommes de terre, sont à l’aise dans le noir complet , sous peine de virer au vert au premier rayon de lumière. Carottes, betteraves, panais, céléri-rave, navets, Radis noir ou salsifis, aussi, à ceci près qu’ils se conservent mieux en silo. Quant aux choux, ils se portent mieux suspendus, tête en bas.

Côté fruits, Pommes, poires et coins se conservent très bien à la cave. Récoltés encore fermes, ils continuent de mûrir même au frais. Comment ? En transformant leur amidon en sucre par la sécrétion d’éthylène liée à leur respiration.

Dans une cave, on peut aussi stocker ses conserves (tant qu'on surveille les couvercles) et recettes lacto-fermentées qui apprécient la constance de la température pour se bonifier tranquillement.

Courges, oignons, ail ou échalotes se conservent mieux au sec. À la cave, ils ramollissent, moisissent, et finissent par rendre l'âme bien avant l'heure. Mieux vaut les garder dans une pièce adéquate. Les courges aiment, par exemple, la température ambiante d'une pièce de vie. 


Et le vin alors ?

De préférence, le vin ne se conserve pas au même endroit que les aliments.

D’abord parce qu’il y a un risque de contamination par les odeurs, un développement de moisissures et des interactions gazeuses qui détérioreraient sa qualité. Mais aussi parce qu’il a besoin, d’un taux d’humidité légèrement différent et d’une stabilité totale côté température.

Bref, il est nettement plus exigent. Même si au final ça marche aussi. C'est d'ailleurs ce que faisaient nos anciens.

Comment les aliments détériorent le vin ?

Le bouchon en liège d'une bouteille de vin est poreux, et permet donc aux odeurs, dégagées par les légumes et fruits, de pénétrer et de modifier le goût du vin. De plus, si les légumes ou fruits se conservent en général très bien à la cave, certains peuvent pourrir et développer des champignons même en milieu frais. Ces moisissures polluent l’air et s’attaquent encore une fois aux bouchons des bouteilles, voire aux étiquettes. Enfin certains fruits et légumes produisent de l'éthylène, un gaz qui accélère le mûrissement et perturbe l'environnement clos de la cave.


Dans un monde en surchauffe, ralentir, tendre vers la sobriété énergétique, consommer local, s’approvisionner et conserver autrement sont des alternatives. Essayons de les mettre en oeuvre.

La cave en fait partie. Dans le sens où son usage offre la possibilité à chacun de s’essayer dans une nouvelle manière de faire autour de la question de l’alimentation.

Et si on changeait nos relations de consommation ? La cave nous permet 

d'acheter, en une seule fois, ses pommes de terre et ses carottes pour tout l'hiver. C'est jouer le jeu avec le paysan : en prenant sa juste part de la récolte. Y compris ce qui ne se gardera pas, au lieu de se servir dans le meilleur et de le laisser gérer, seul, la responsabilité de la conservation.

Et pourquoi pas , en mutualisant l’achat d’une meule de fromage à partager plutôt q’un simple morceau chez le fromager ?

La cave, dans les hameaux Atticora, s’inventera avec ses habitants jour après jour.

En attendant, l’espace est frais toute l’année, sans avoir jamais rien branché :

la cave, une utopie branchée ? :)


à savoir

le Silo kesako ?

C’est une manière de conserver ses récoltes. Pour éviter que les légumes racines ne perdent leur eau, on les empile dans une caisse, façon lasagnes végétales, séparées par du sable ou de la sciure humide.

Gare à la rouille

L'humidité ambiante est idéale pour conserver les légumes, mais elle l'est beaucoup moins pour les couvercles des bocaux. Même les bocaux à joint type “Le Parfait” finissent par grincer des dents s'ils y traînent trop longtemps. Mieux vaut conserver la plupart de ses conserves , dans un endroit sec, ou tout simplement changer régulièrement les couvercles et faire ses lacto-fermentation dans des jarres en terre cuite, sans partie métallique.


À chaque espace son usage ;)

Si la cave de conservation, fraîche et humide toute l'année, se transforme en véritable garde manger, elle n'a pas vocation à conserver affaires de camping, livres ou chaussures de randonnées, au risque de tout retrouver moisi. 

Vivre, simplement.

Notre habitat est le reflet de notre mode de vie. Nous voulons tous des choses belles, vivre dans un lieu douillet. Nous ne voulons pas passer des heures à entretenir pelouse et extérieurs. Nous voulons être aussi bien le week-end que la semaine dans notre maison. Nos hameaux concilient douceur et fonctionnalité, espace et vue, équilibre entre intérieur et extérieur.

Pour que nous puissions vivre, simplement. 



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